LA KABYLIE FACE A FACE

LA KABYLIE FACE A FACE
Vous êtes le seul artisan de votre dignité
21 mars 2009

Le Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie peut proclamer unilatéralement le statut autonome de la Kabylie si ce projet a l'adhésion de la majorité des kabyles. Cette proclamation ne s'accompagne pas de manifestations ou de rassemblements exposant la population à la répression. De toute façon, la mentalité de beaucoup de kabyles est faite de défaitisme. Pour défendre l'inertie et empêcher les projets de prendre forme, ils envisagent les pires scénarios. C'est finalement justifier la soumission en la décrivant comme fatale. Les socialistes kabyles sont les champions de ce genre d'exercice.

Ces esprits suspicieux et conspirationistes entretiennent un atmosphère d'impuissance qui s'oppose à toute initiative. À tel point que le kabyle ne sait même plus rêver. Aigris, abattus, convaincus qu'ils sont impuissant devant un pouvoir qu'ils décrivent comme un monstre à sept têtes invincibles, ces kabyles arrivent à démonter n'importe quel argument. Nos politiciens nous ont convaincus que le régime algérien est tellement fort et intelligent qu'il trouvera une parade même à toute tentative de penser ou de parler. Dans l'esprit kabyle tordu, il n'y a rien à faire contre ce pouvoir, car dans leur esprit, tout ce que doit entreprendre le kabyle se doit d'être CONTRE le régime. Comme le régime est si fort et machiavélique, le kabyle ne doit rien entreprendre.

Contre le monstre à sept têtes, il faut prendre des bazookas, disent les plus impatients. Défendre la culture et la langue amazigh ? ça ne sert a rien car le pouvoir va nous réprimer. Se mobiliser massivement pour un état régional kabyle ? ça ne sert à rien, car le pouvoir n'acceptera jamais une Kabylie autonome. Supprimer l'école arabo-islamique pour les enfants kabyles ? ça ne sert à rien car nos enfant deviendront des illettrés et les arabes auront les meilleurs job. Faire campagne pour ne plus écouter, ni lire, ni regarder les médias arabo=musulmans ? ça ne sert à rien car on ne peut pas mettre un garde devant chaque femme pour l'empêcher de regarder les feuilletons égyptiens. Faire campagne contre cet outil de domination et de soumission des kabyles qu'est l'islam ? ça ne sert à rien car la religion ne nous a rien fait.

Proclamer la Kabylie autonome ? Nous crèverons de faim et de toute façon, le régime algérien nous brulera tous au napalm bien avant. Les gauchistes kabyles ont réponse à tout. En parlotte, ils sont les champion de l'opposition. Mais ils combattent toute idée qui contribuera à faire des kabyles des hommes et des femmes réellement libres. Les gauchistes et les islamistes ne cherchent pas à libérer leurs peuples respectifs. Ils pensent simplement que le régime a assez sévi et qu'il est temps de laisser la place soit aux islamistes, soit aux nostalgiques Stalinistes. Un régime de coalition islamo-gauchiste sera encore mieux !

Il y a énormément de kabyles de bonne foi qui apportent de l'eau au moulin des gauchistes anti-kabyles ou aux islamistes, sans même en être conscients. Ils travaillent à transformer les kabyles en chiffes molles en dressant devant eux des obstacles surnaturels infranchissables, dont la famine, la nature rebelle des kabyles qui n'accepterons jamais un gouvernant kabyle, le machiavélisme imparable du pouvoir etc... On se croirait dans une chanson d'Ait Menguellat ! Tout cela est décliné sous forme de pleurnicheries, de lamentations, de sentiment défaitiste et résigné.

Une chose est sure : les kabyles ne recouvreront jamais leur dignité tant qu'ils sont convaincus qu'ils ne pourront jamais traiter d'égal à égal avec les gouvernants algériens. Tant qu'ils célèbrent la force, l'ingéniosité, la puissance, la monstruosité du régime algérien. Boumédiene à été le premier à l'avoir compris. pendant des années, J'ai moi même vécu dans la terreur sans jamais avoir été terrorisé ni par un gendarme, ni par un agent de la sécurité militaire. En réalité, 99.99% des kabyles n'ont jamais vu, ni eu affaire à un agent de la SM à l'époque ; mais tous célébraient la puissance de cette police politique et des histoires abracadabrante circulaient en permanence entre kabyles, entretenant ainsi la terreur, sans que cela ne coute un seul sou ni un seul agent supplémentaire à la SM. Des mythomanes et des gauchistes (FFS clandestins) se chargeaient de la propagande boumédiéniste et travaillaient sans relâche pour transformer le peuple kabyle en une bande de chiffes molles, terrorisés et soumis. C'était cela la réussite du régime boumédiene et de sa SM. C'est aussi cela la réussite du régime actuel et aussi celle des terroristes islamistes.

J'ai presque envie de répéter : Yes we can ! Les gouvernants algériens sont des pèquenots incapables de construire un véritable état. Ils seront incapable de bouger un seul doigt devant un peuple mobilisé, discipliné, qui sait garder son sang froid. Le régime algérien ne peut s'adonner à la répression que lorsque les kabyles créent pour lui des conditions subversives de chaos, de troubles, d'anonymat, d'incertitude, d'anarchie etc... Les méthodes dites "révolutionnaires" subversive, rassemblant des foules courant dans tous les sens, vociférant, exagérant leur qualité de victimes, criant CRS SS ou Pouvoir Assassin sont révolues. Elles sont révolues car elles sont d'abord inefficaces. Ensuite, les régimes totalitaires et répressifs adorent ce genre de situations car c'est la seule situation ou ils savent ce qu'ils doivent faire. Et ils le font très bien.

L'atmosphère des gaz lacrymogènes, des flics casqués, des adolescents courant dans tous les sens, des pneus se consumant sur la chaussée, des manifestants trainant leurs blessés sur l'asphalte par leurs manches ou les portant au dessus de leur tètes, tout cela peut être enduré si cela avait une quelconque efficacité. Mais ce sont des méthodes du siècle passé. Elles n'existent plus sous leur forme politique dans les pays civilisés. Parfois des anarchistes manifestent de cette façon en Europe ou en Amérique (exemple, hier dimanche, un groupuscule d'anarchistes, donc gauchistes, a manifesté de cette manière à Montréal contre la brutalité policière. Les manifestant étaient dix fois plus brutaux avec les policiers, Ceux-ci ont arrêté prés de 250 personnes. Dans ce pays démocratique, elles seront relâchées demain avec une amende qu'elle ne paieront jamais. La culture de l'émeute généralisé demeure une culture politique populaire plutôt arabo-islamique, et dans une moindre mesure latino-américaine ou africaine.

Les kabyles devraient apprendre les méthodes tranquilles, se mobiliser intelligemment et efficacement dans la perspective d'atteindre des objectif préalablement établit. la culture de l'émeute n'est pas efficace car elle appelle la répression. Pendant L'émeute, il n,y a encore aucun objectif intelligiblement exprimé, si bien que des politiciens populistes, des pseudo-spécialistes des sciences sociales, des plumitifs handicapés mentaux tentent de donner une interprétation à l'émeute. Ils lisent l'émeute et lui donnent un contenu et un objectif que la foule n'a jamais exprimé car n'ayant jamais su s'exprimer. A la fin de l'émeute sanglante, la foule s'apercoit alors qu'elle a des objectifs : faire libérer les prisonniers, faire indemniser les blessés, donner un titre honorifique post mortem aux manifestants anonymes assassinés dans le chaos, pleurnicher au sujet des méthodes inhumaines de la police et l'insensibilité du reste de la population etc... Mais le résultat concret est toujours nul dans ces circonstances. Les kabyles en sont un preuve vivante. C'est ce que font les kabyles depuis des dizaines d'années, toujours dirigés par des gauchistes (et bientôt par des islamistes s'ils ne se ressaisissent pas).

Nous ne devrions pas défier le régime algérien pour nous prouver à nous-mêmes que nous n'avons pas peur du monstre et que nous sommes épisodiquement courageux une fois tous les 15 ans. Nous devrions travailler au quotidien, inlassablement à nous mobiliser les un les autres, tranquillement, calmement, sans sentiment victimaire, sans cette rage qui ne sert finalement qu'à produire de la salive et brandir le poing dans un simulacre de menaces adressées au "pouvoir assassin". Avec le troisième millénaire , nous devrions apprendre à nous fixer des objectifs précis et penser aux moyens les plus efficaces pour y arriver. La redjla, le nif, les barouds d'honneur, tout cela ne sont que des postures stériles, qui n'ont plus aucune efficacité quand il s'agit de questions collectives, du destin d'un peuple.

ARILES source www.afrique-du-nord.com
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# Posté le dimanche 22 mars 2009 17:48

Modifié le dimanche 22 mars 2009 17:59

Néo-colonialisme arabo-baathiste et l'Algerie Algerienne

Néo-colonialisme  arabo-baathiste et l'Algerie Algerienne
''La thèse de l'Algérie algérienne face l'Arabo-islamisme''

Introduction :

Je vous présente une modeste contribution à l'écriture de l'histoire du mouvement nationaliste algérien, portant impérativement su la crise dite '' Berbériste'', de 1949. Mon propos repose essentiellement sur la lecture enrichissante de l'ouvrage intitulé « La "crise berbériste" de 1949, un conflit à plusieurs faces », écrit par Amar Ouerdane, politologue canadien d'origine algérienne. Ainsi que trois témoignages de Sadek Hadjrès, médecin praticien, chercheur en géopolitique, militant du PPA et premier Secrétaire du PAGS de Ali Yahia Abdenour, avocat, président de la LADDH, et de Hocine Benhamza, docteur en sciences économiques de l'université de Paris et militant au sein du PPA

Mon étude servira peut être à fournir des réponses aux raisons qui ont provoqué et alimenté les événements d'avril 2001 en Kabylie, région berbérophone d'Algérie. Et pourquoi le régime algérien répond-il si violemment en assassinant les manifestants et blessés des milliers parmi eux ? Il s'agit aussi de décrypter les assises idéologiques sur lesquels s'appuient les régimes successifs algériens, pour nier la réalité berbère de l'Algérie. Au-delà, nous précisons que la revendication berbère n'est nullement de nature nationale ou séparatiste, mais plutôt d'essence démocratique. À titre d'exemple, la révolte d'avril 1980 en Kabylie, connue sous le vocable ''Printemps berbère'' ou ''Tafsut Imazighen'' constitue une réponse à la tromperie par le gouvernement des contestations culturelles en Algérie. Elle a contredit de nombreux stratèges politiques et analystes universitaires à la solde d'un pouvoir négateur, qui avaient voulu démontrer l'existence d'une seule et unique contradiction : la culture arabo-islamique et la culture française. Le soulèvement des citoyens de 1980, impose la reconnaissance d'une autre contradiction fondamentale, laquelle se dresse entre la population berbérophone et la bourgeoisie dominante, en terme plus clair les bénéficiaires d'une révolution populaire détournée.

Nature du conflit

Il s'agit plus précisément de deux thèses sur la fondation de la nation algérienne : Arabo Islamisme d'une part et des tenants de la thèse de l'Algérie algérienne d'autre part, avec sa dimension berbère et moderniste, s'entredéchirant au sein du mouvement nationaliste dirigé par Messali Hadj.

L'Arabo Islamisme

Messali Hadj, patron du PPA au caractère centralisateur, portait en lui l'organisation nationaliste en luttant pour l'indépendance. Mais il tend à gommer tous les particularismes, en puisant ses thèses et ses idées d'un mouvement baathiste (de Baath : Renaissance en arabe), parti politique au pouvoir en Irak et Syrie depuis les années 1960. Il fut créé à Damas dans les années 40 par le chrétien Michel Aflak et le musulman sunnite Salah Al Din Bitar. Le Baath devient l'une des principales expressions du nationalisme arabe révolutionnaire. L'unité arabe avant tout, dans sa doctrine. Que les peuples arabes forment une seule nation aspirant à constituer un Etat et à jouer un rôle spécial dans le monde. De sensibilité laïque, le Baath admet cependant le rôle que l'Islam a joué dans l'arabisme et encourage le socialisme. Il est aussi en faveur d'une démocratie pluraliste et d'élections libres. Toutefois, le père du mouvement nationaliste algérien, n'a retenu ni les principes de laïcité, ni les sensibilités populaires, telle la berbérité, la démocratie pluraliste et moins encore les élections libres.

Messali était aussi sous la houlette de Chekib Arslane, un émir oriental qui s'imposera comme son tuteur et l'entraînera vers l'identitarisme religieux. En considérant l'arabisme et l'islamisme de l'époque comme des ferments nationalistes. Ce mouvement nationaliste est responsable de la réorientation du nationalisme radical de l'ENA, vers un nationalisme moins marqué par les philosophies des Lumières, et par les esprits libéraux, qui fondèrent les déclarations des droits de la citoyenneté depuis le XVIIIe siècle.

L'Algérie Algérienne

Ceci étant, la négation de la dimension berbère : identité, culture, langue... se fait au profit d'une définition arabo-islamique de la nation algérienne, socle d'une idéologie à caractère national, populiste, dont les fondements se situent dans le panarabisme. La régression s'accélère et s'approfondie avec la montée de cette idéologie, synonyme d'apartheid, fascisme et racisme. Aujourd'hui, on peut l'affermir et sans crainte de se tromper que l'arabo-islamisme fait le lit du terrorisme. La prédominance exclusive de la vulgate arabo-islamiste exclue l'entité Amazighe sur le terrain politique et social. On reproche à la thèse Algérie algérienne qui remet en cause le concept de l'Arabo islamisme par le fait qu'elle a éclaté en France, chez les cadres de l'immigration, et qui n'a pas touché les militants d'Algérie, pas même en Kabylie, région pourtant particulièrement concernée. Car en France, il y a l'hypothèse des effets d'influence de la société française (laïcité, position des jeunes intellectuels berbères en France, en rupture avec les coutumes religieuses et les traditions familiales, volonté de sortir d'un nationalisme jugé trop étroit pour l'intégration plus grande aux luttes sociales en France). Peu importe, après la défaite politique des auteurs de la thèse Algérie algérienne devant la direction du PPA, qui n'est pas d'ailleurs la conséquence de la faiblesse de leur proposition, mais celle de la fragilité d'une Algérie colonisée, désorganisée, aliénée, pauvre culturellement, incapable de vivre pour elle-même et de se doter d'une identité structurante propre. En tout état de cause, l'Algérie algérienne était et demeure une élaboration généreuse, authentique, incarnant totalement la dimension qu'elle veut porter. Un demi-siècle après l'indépendance du pays, les tentatives d'un combat inéluctable, pour mener le projet à bon port continue toujours avec de nouvelles forces.

Emergence du concept Algérie algérienne Débuts de la crise


En 1926 : Fondation, à Paris, de l'Etoile nord-africaine, dirigée par Messali Hadj. Son objectif : l'indépendance de l'Algérie. Accusée de propagande subversive, elle est interdite en 1929. A cette époque, deux figures importantes, émergent du premier mouvement nationaliste : Amar Imache et Radjeff Belkacem, nés en Kabylie. Reconstituée en 1933, l'Etoile nord-africaine est à nouveau dissoute. Messali Hadj fonde, à Alger, le Parti du peuple algérien.

Après diverses péripéties, en 1945 : Mohand Idir Ait Amrane, étudiant au lycée de Ben-Aknoun, compose le premier chant patriotique en berbère moderne, intitulé "Ekker a mmis umazigh" (debout fils d'Amazigh). Il y évoque les illustres fondateurs de la nation algérienne : Massinissa, Jugurtha, Kahina... Ouali Bennai, membre de la Direction de la Grande Kabylie du PPA, est désigné agent de liaison du Parti avec les étudiants du lycée de Ben-Aknoun, à majorité berbérophone, originaires de Grande Kabylie.

En 1946 : Amar Kilellil, effectue une tournée en Grande Kabylie, les militants dont Amar Ould-Hamouda, Mohand Amokrane Khelifati, Ali Laimèche et Hocine Aït Ahmed, exposent le problème identitaire berbère. Ils demandent qu'un débat soit entamé sur la question. Ils chargent Khellil de transmettre à la Direction leur demande d'avoir des " voix aux délibérations et aux décisions du Parti".

Promotion des militants Kabyles (Berbéristes) au PPA


En 1947 : A l'issue du premier congrès du PPA/MTLD, quatre cadres de la Kabylie, animateurs du mouvement dit berbériste, font leur entrée au Comité central du Parti : Omar Oussedik devient adjoint de Ahmed Bouda, Amar Ould-Hamouda devient haut cadre de l'O.S., Hocine Aït-Ahmed devient chef national de l'O.S., et Ouali Bennai responsable du parti en Kabylie.

"Le message de Yougourtha", ouvrage de Mohand-Chérif Sahli est diffusé par l'Union Démocratique du Manifeste algérien (UDMA) de Ferhat Abbas. Il est en même temps saboté par le MTLD.

Réunion des Berbéristes initiée par Ouali Bennai En 1948 : Ouali Bennai invite, en secret de la direction du PPA/MTLD une quinzaine de militants berbéristes et militants du PPA/MTLD à un séminaire bloqué. Sont présents : Ouali Bennai, Amar Ould-Hamouda, Mohand Idir Ait Amrane, Said Ali Yahia, Said Oubouzar, Mohand Cid Ali Yahia dit Rachid, Sadek Hadjeres... Deux points essentiels sont à l'ordre du jour : 1- Condamner la politique réformiste du MTLD 2- Introduire la dimension berbère dans l'organisation de la future Algérie indépendante. Un rapport est écrit et remis à Ouali Bennai pour l'exposer devant le Comité central du Parti. Mohand Idir Ait-Amrane est chargé par ses camarades, à la fin de la réunion, de rencontrer Mouloud Mammeri pour un éventuel travail sur la langue berbère. En 1948 : Le MTLD diffuse une brochure de 50 pages intitulée : "Mémorandum à l'O.N.U.", qui s'ouvre par : " La nation algérienne, arabe et musulmane, existe depuis le VIIeme siècle". Il occulte, de ce fait, la composante berbère de l'Algérie. Ce document a soulevé, à l'époque, une indignation et un climat de mécontentement, de méfiance et de rejet chez les militants berbéristes.

La Crise Berbériste éclate

En 1949 : Ali Yahia Cid dit Rachid, étudiant en droit à Paris et membre du Comité directeur de la Fédération de France du PPA/MTLD, réussit à faire voter une motion dénonçant le mythe d'une Algérie arabo-islamique et défend la thèse de l'Algérie algérienne. Elle est acceptée à une majorité écrasante : 28 voix sur 32.

Embarek Fillali, le rouleau compresseur

Juste après ce vote, la Direction du PPA/MTLD, sentant une prise en main de la Fédération de France par les militants de l'Algérie algérienne, donne l'instruction à Embarek Fillali, représentant à Paris, d'organiser un commando pour reprendre de force les locaux de la Fédération. Au même moment, Radjeff Belkacem, membre du conseil de la Fédération de France, originaire de Kabylie, réunit le Comité fédéral constitué de 25 membres et fait voter une motion : " Condamnation de la déviation politique du Comité Fédéral". Elle recueille 12 voix pour et 13 voix contre. Suite à ce résultat, Radjeff se réunit avec quelques militants dont le Dr Chawki Mostefai et Sadok Saidi, originaires de Kabylie eux aussi, dépêchés par la Direction d'Alger pour régler le problème et "récupérer" la Fédération des mains des "scissionnistes". Ils décident ensemble d'organiser des groupes d'autodéfense contre les berbéristes.

Arrestation des militants de l'Algérie algérienne

De Paris, Ali Yahia Rachid, sentant le danger, suite à l'intervention de la Direction d'Alger, lance un appel à Ouali Bennai pour l'aider. Ce dernier, en voulant se rendre à Marseille, est arrêté par la police. Ensuite suivie par l'arrestation de plusieurs cadres de la Kabylie Omar Boudaoud, un des responsables de l'O.S en Kabylie, Said Oubouzar, responsable politique de la région de Tizi-Ouzou, Amar Ould Hamouda, un des responsables de l'O.S, Oussedik, adjoint d'Ahmed Bouda. Ces hauts responsables du Parti sont accusés de berbérisme, de régionalisme et d'anti-nationalisme par la Direction du PPA/MTLD.

Riposte des Berbéristes par la voix pacifique

En 1949 : Vingt-deux (22) responsables de la Kabylie se réunissent dans la région d'Azazga. Toute la Kabylie y est représentée, pour débattre du problème du berbérisme et essayer de débloquer la situation. Un rapport rédigé par Saïd Ali Yahia (étudiant) devait être remis à Messali Hadj par une délégation composée de trois membres Abdelkader Ait Sidi Aissa, Cheikh Mohand Ouameur et Messaoud Oulamara. Sous le pseudonyme d'Idir El-Watani, trois étudiants : Sadek Hadjeres, étudiant en médecine, Mabrok Belhocine et Yahia Henine, étudiants en droit et membres de la commission de rédaction du journal El Maghreb El-Arabi, diffusent une brochure intitulée "L'Algérie Libre vivra" au sein du PPA/MTLD. Ce, pour "faire connaître les conceptions du courant de rénovation et démontrer la fausseté de l'accusation de berbérisme". Ils y développent notamment le concept de "nation". Pour les auteurs de la brochure, "la nation ne suppose obligatoirement ni communauté de race, ni de religion, ni de langue". Elle est basée sur quatre éléments indispensables : "le territoire, l'économie, le caractère national qui se traduit dans le mode de vie, la mentalité et la culture, le culte d'un même passé et le souci d'un même avenir". En réponse aux tenants de l'arabisme, ils expliquent que "l'existence en Algérie de deux langues parlées (référence aux langues arabes et berbère) n'empêche pas du tout la compréhension mutuelle des éléments qui les parlent". Au contraire "la diversité, loin de nuire, est (...) complémentaire et une source de richesses". Ils montrent l'existence d'une Algérie antérieure à l'Islam et plusieurs fois millénaire et complètent l'hypothèse de Messali qui limite l'histoire de l'Algérie au VIIeme siècle.

Violence et mise au point à la presse sur le P.P.K

En 1949 : Ferhat Ali, militant du PPA/MTLD à Tizi-Rached est atteint d'une balle de pistolet, tirée par Krim Belkacem accompagné de Hanafi Fernane et de Akli Djeffel, restés solidaires de la direction du Parti, après la crise de la Fédération de France. Ferhat Ali "refuse de se soumettre au diktat des chefs écartant l'ancienne équipe dirigeante en Kabylie". Le lendemain, l"'Echo d'Alger", quotidien colonialiste, profitant de l'incident, publie un article sous le titre "Des membres dissidents du PPA veulent créer le P.P.Kabyle...", déclaration présumée de Ferhat Ali. Après la lecture de l'article de presse, le groupe des étudiants berbéro nationalistes décide de dépêcher Ali Yahia Saïd et un autre militant auprès de Ferhat Ali pour lui faire signer une mise au point infirmant la déclaration de "l'Echo d'Alger''. Cette mise au point est publiée par "Alger Républicain" après le refus de "l'Echo d'Alger" de la publier. Il y est déclaré qu' « il n'a jamais existé et il n'existera jamais de "P. P. Kabyle", pour la bonne raison qu'il n'y a qu'un peuple algérien dont les éléments, quoique d'origine ou de langues différentes, vivent fraternellement unis dans une même volonté de libération nationale".

L'épuration systématique et M.R.B

Après la récupération des locaux du Parti à Paris par Chawki Mostefai, Belkacem Radjeff, Sadok Saidi et Embarek Fillali, " une explication générale eut lieu à Alger à la Medersa "Er-Rached" en présence de tous les responsables du Parti. Les principaux dirigeants du Mouvement berbère, à l'exception d'Ait Ahmed, parce qu'il était recherché par la police, furent exclus du PPA". En 1949 : De prison, Ouali Bennai, voulant connaître la façon dont se déroulaient les événements politiques, envoie une lettre à Said Ali Yahia, que Maître Abderrahmane Kiouane, avocat du parti, devait lui remettre. Il lui demande : "que devient le M.R.B ?". Cette lettre, lue et photographiée par la direction du Parti, est distribuée à toutes les cellules du PPA/MTLD. Elle est, pour la direction, une preuve incontestable de la présence d'une organisation secrète, dite "Mouvement révolutionnaire berbère'' mise sur pied par Bennai. Elle déclenche en fait une campagne anti-berbère. Elle sert à condamner le berbérisme avec une ardeur et un acharnement jamais connus. Des délégués itinérants sont envoyés par la Direction du (PPA/MTLD) à toutes les cellules d'Algérie. Leur mission est de faire condamner le "berbérisme". Leur preuve, la lettre envoyée de prison par Bennai. Pour l'envoyé à Tiaret, les "berbéristes" "étaient des alliés objectifs du colonialisme". Ces incidents n'ont pas touché seulement les berbéro nationalistes mais aussi les militants arabophones qui soutenaient le concept de l'Algérie algérienne et qui sont en majorité originaires de l'Oranie. Belaid Ait Medri, agent de liaison de Kabylie est remplacé par Fernane Hanafi. En 1949 : Le Comité Central du MTLD convoque Messaoud Oulamara à Alger pour discuter du problème "berbériste". Il est accompagné de Laifa Ait Waban et Salem Ait Mohand. Ils sont reçus par Mustapha Ferroukhi, Rabah Bitat, Ahmed Bouda et Hocine Lahouel (secrétaire général du MTLD). Ce dernier accuse "à tort et à travers les ennemis du pays, sans les nommer, les agitateurs et les malhonnêtes". Messaoud Oulamara répond que Messali s'avère "le principal responsable de la pagaille" que vit le Parti.

Liquidation physique et censure et dissolution


1952 : Liquidation physique de Ali Rabia alias Azzoug, chef de zone du MTLD à Makouda en Kabylie, pour "berbérisme" sur ordre de Belkacem Krim. Le spectre des liquidations des berbéristes est ainsi inauguré. Plusieurs militants de la cause nationale seront assassinés par les leurs. En 1953 : Le PPA/MTLD, par le biais de son organe de presse "L'Algérie libre", dénonce la pièce de théâtre de Abdellah Nakil intitulée "El-Kahina". La pièce mise en scène le 27 novembre 1953 par Mustapha Kateb, retrace l'histoire de l'invasion arabe et la résistance des Berbères sous la conduite de Kahina, reine des Aurès. Mars 1954 : Une association culturelle dénommée ''Tiwizi I Tmazight" (entraide pour tamazight) est fondée à Paris par un groupe de militants berbéro nationalistes dont Ali Boudaoud, Hocine Heroui, Mohand Amokrane Haddag, Mohand Amokrane Khelifati... Son objectif est le développement de la langue berbère. Une revue qui porte le même nom est éditée par l'association. Cette association se dissout sans raison, après le déclenchement du 1er Novembre 1954 et ses membres rejoindront en bloc le Front de Libération Nationale.
Témoignages :

Sadek Hadjerès au Kabyle.Com Médecin praticien et chercheur en géopolitique dans les années 90, militant du PPA, président de l'AEMAN en 1950, membre du Bureau politique du PCA pendant a guerre et premier Secrétaire du PAGS de 1966 à 1990. « Des responsables politiques ou des commentateurs défenseurs ardents de la place de la berbérité dans la nation, se sont interrogés (d'autres ont avancé des certitudes tranchantes) quant au bien-fondé de la décision des démocrates contestataires au début des années 50, de mettre en veilleuse l'aspect politique de la revendication culturelle berbère. Au total le groupe qui a tenté un effort d'édification démocratique du PPA avait pris date en 49 sur le problème de la conception de la nation et de la politique culturelle. Quant au domaine proprement politique, puisque le débat n'a pu avoir lieu, il n'était pas parvenu à faire prévaloir les conceptions démocratiques telles qu'il les avait exposées dans la brochure éditée, avec les mérites et les limites qui étaient celles de l'époque et celles aussi d'un groupe numériquement et sociologiquement restreint. Je pense que ce fut un manque à gagner regrettable pour l'ensemble du mouvement national. Du moins la quasi-totalité de ses membres, dans leur diversité idéologique, sont restés irréprochables et fidèles à leur engagement national. Ils ont poursuivi leur combat unitaire au sein des diverses formations combattantes et politiques du mouvement de libération, continuant à entretenir et mettre en oeuvre l'esprit démocratique et de progrès social qui les animait au cours de cette crise. » Ali Yahia Abdenour à la Nouvelle République, 4 novembre 2004 Avocat, Président de la LADDH, militant du PPA. « Prenons l'exemple de Krim Belkacem qui était un petit responsable de la Kabylie. Quand il y a eu la crise de 1949, il était venu à Tizi Ouzou et plus précisément à Tizi Rached où il a tiré lui-même sur un militant. Ce dernier était venu avec mon frère le pharmacien dans la région pour tenir une réunion et dire que nous voulons une Algérie algérienne. Moi-même j'ai rencontré Krim au marché hebdomadaire au lendemain de cet acte, et il m'a dit que s'il avait trouvé mon frère, il l'aurait tué. Il y a eu aussi l'arrestation des membres du comité central Ouali Benaï et Ould Hamouda, ce qui a causé la rupture totale. Quand je suis allé à Tunis, j'ai rencontré Benkhedda à qui j'ai demandé pourquoi avoir condamné et exécuté Benaï Ouali, il m'a dit vous voulez encore revenir à cette histoire de 49 au berbérisme. Il y a donc eu des séquelles très graves qui sont restées même après l'indépendance jusqu'au printemps 1980. En 1961, à ma sortie du camp zéro, j'ai été invité par Krim à me rendre à Tunis. Ce dernier m'a dit : « C'est maintenant que j'ai compris qu'un Kabyle ne serait jamais président du GPRA. » A l'époque, on lui a préféré Ferhat Abbas, alors que Krim était plus qualifié sur le plan militaire. Même Abane Ramdane était contre le berbérisme. Il me reprochait toujours d'être berbériste et pourtant c'est lui qu'on a décrit comme berbériste après et exécuté. Il y avait donc une situation très difficile avant et après 1954. » Interview de Hocine Benhamza, le 28 janvier 2004, sur radio Campus Lille par Anzar. Hocine Benhamza est docteur en sciences économiques de l'université de Paris, militant au sein du PPA, ancien détenu politique pendant la guerre d'Algérie. Il a côtoyé les chefs historiques, mais aussi la première académie berbère. Aujourd'hui retraité, il est écrivain, fondateur de l'association africaine de libre pensée et militant au sein de l'union des forces de contestation algérienne.

« A la fédération de France du MTLD, il y avait 32 membres dont 28 à l'initiative de Rachid Ali Yahya, étudiant, et sous l'impulsion de militants kabyles notamment Benaï Ouali, Ferah Ali, Oubouzar et d'autres, disaient « nous nous battons pour la démocratie, la laïcité, l'indépendance et pour une Algérie algérienne ». Messali et ses partisans, y compris ceux du comité central, disaient « l'Algérie est un pays arabe. Elle doit se tourner vers les pays du proche orient, devenir une composante de la nation arabe. L'Algérie est un pays musulman, il faut promouvoir la religion musulmane ». Et les responsables kabyles même ceux faisant partie de l'O.S, disaient « oui, aux revendications berbères mais pas de façon prématuré, il faut d'abord obtenir l'indépendance avant de poser le problème berbère ». Suite à toutes ces divergences, le mouvement berbère de base n'a pas été suivi et, c'est un point à vérifier. »

Qu'est-ce qu'il en est aujourd'hui ? L'Algérie Algérienne

A défaut d'imprimer l'identité berbère aux textes fondamentaux du mouvement nationaliste, indépendantiste...PPA, MTLD, UDMA, puis FLN, les militants de la thèse Algérie algérienne ont tenté à différentes périodes de l'histoire de contribuer aux documents fondamentaux édifiant la nation algérienne : La Plateforme de la Soummam 1956, La Charte de Tripoli 19962, la Charte d'Alger 1964, la Charte Nationale, les différentes Constitutions...intégrant la dimension berbère. Hélas, ces auteurs visionnaires, militants, s'ils ne sont pas tués, ils sont emprisonnés ou poussés à l'exil. Ce n'est qu'en 1980, la revendication berbère avec l'adhésion de toutes les couches sociales a investi la rue, après le refus par les autorités de la tenue d'une conférence de Mouloud Mammeri, écrivain, chercheur, linguiste... sur la poésie ancienne kabyle. Le MCB, le mouvement associatif, les ligues des Droits de l'Homme, l'Amnesty Internationale font la revendication berbère leur cheval de bataille. Sans parler de l'Académie Berbère, des sites Web, des radios associatives, de la BRTV et divers relais de la diaspora berbère. Les partis démocratiques à l'ouverture du processus démocratiques en 1989, juste après la révolte populaire du 5 octobre 1988 (plus de 500 jeunes ont trouvé la mort) ont intégré la revendication dans leur projet de société, à l'instar du FFS, RCD principalement. A des degrés moindres le PT, le PST, le PC... Puis le mouvement des comités de village après la révolte de 2001, rédigeant la plateforme d'Elkseur. Ainsi que le MAK, et des petits partis naissant.

L'Arabo Islamisme

Quant à l'Arabo Islamisme, il a évolué et pénétré les Oulémas, le parti FLN. Il est devenu l'idéologie des militaires qui ont pris le pouvoir, en renversant le GPRA, le coup d'état de 1965. Ben Bella n'a-t-il pas dit « Nous sommes des arabes, trois fois ! » pour faire de beaux yeux à l'Egypte officielle. Laquelle a envoyé des frères musulmans, adeptes de Ahmed El Bana, chef du parti des Frères Musulmans, grand-père de Tarek Ramadan, dans le cadre de la coopération panarabe pour arabiser et islamiser l'école algérienne. Maintenant on connaît le résultat. Une jeunesse triplement analphabète, sans repères, sans idéal... Une jeunesse qui a gonflé les groupes de terroristes, en se donnant comme kamikazes. A l'ouverture du processus démocratique, l'idéologie arabo islamiste a nourri et investi les partis islamistes modérés ou radicaux : FIS, HAMA, NAHDHA et les groupes terroristes : GIA, MIA, Hidjra, GSPC.

Aujourd'hui, le président A. Bouteflika impose un Référendum pour l'officialisation de la langue berbère. La thèse arabo islamiste est encore de rigueur.

Nacer Boudjou, Longwy, 3 avril 2005
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# Posté le vendredi 13 février 2009 07:58

Modifié le vendredi 13 février 2009 08:11

Yennayer ameggaz 2959

Yennayer ameggaz 2959
Célébration de Yennayer : Une coutume millénaire

Le 12 janvier correspond au début du nouvel an berbère. On est déjà en 2959. L'histoire qu'on retient du calendrier berbère est celle-ci : le roi berbère Chachnaq avait refoulé les pharaons*, qui avaient tenté une énième invasion, à la frontière Egyptolibyenne. Chachnaq à la tête de son armée avait vaincu le roi Ramsès III. Les pharaons ont de tous temps essayé de conquérir les territoires berbères mais vainement. Cette histoire bien qu'elle reflète un événement historique bien ancré dans les traditions de nos ancêtres, paraît avoir une plus longue portée.

En effet, cette date du 12 janvier est fêtée partout mais de manières différentes. Dans l'ensemble, elle marque la rupture entre les réserves alimentaires cumulées durant l'année. Les Chleuhs, Chaouis, Mzabs,Targuis, Kabyles et même des régions arabophones comme l'Oranie, la Mitidja , le célèbrent. Chez les kabyles, il se traduit par la consommation de toutes les réserves alimentaires et est souvent précédé de dons de denrées alimentaires entre familles et même de déjeuners collectifs. On note que la réserve alimentaire chez les berbères symbolise une autonomie annuelle, une façon à eux de parer à toutes mauvaises surprises (temps durs d'hiver, guerre, mauvaise récolte...). Des plats traditionnels qui diffèrent d'une région à une autre sont préparés. Les kabyles préparent généralement du couscous et sacrifient un coq d'élevage traditionnel.

Les petits enfants se voient offrir de nouveaux habits. Les familles se rassemblent à l'occasion. Yennayer est une journée assez particulière pour les femmes aussi ou elles s'adonnent à des chants traditionnels serinés, youyous...Il semblerait que certaines régions d'Algérie fêtent le nouvel an berbère sans pour autant savoir ce que cette date symbolise. Yennayer semble résister au temps et perpétue une coutume ancestrale. Cette date régit avec exactitude les lois de la nature, à savoir le calendrier agraire puisque dans la foulée de la fête les hommes prospectent leurs terres. Le berbère est en rapport direct avec la nature. L'année est répartie d'une manière minutieuse jour par jour, semaine par semaine et saison par saison. Le calendrier agraire est adopté par beaucoup de peuples qui se sont frottés aux berbères, et partout ou les berbères se sont sédentarisés, ils ont apportés leur savoir partout dans le monde... Le calendrier berbère semble indiquer au fond une civilisation ancestrale, une identité millénaire dotée d'un savoir inestimable.

Yennayer et la gastronomie locale

Oufthaien : substantif pluriel de Oufthai( blé, fèves et pois chiches cuits dans de l'eau.Avant de les manger on les sale un peu, d'autres y ajoutent de l'huile) . on fait les « Oufthaien » à l'occasion de certains évènements heureux tels que yennayer, le jour des fiançailles, le troisième jour du mariage et des labours lorsqu'on installe le métier à tisser pour confectionner soit un burnous, soit une couverture, etc.

Taâsbant : c'est un repas réservé spécialement aux moments très heureux ; elle est préparée à base de semoule, huile, beurre, épices,... qu'on mélange pour faire des boulettes et qu'on met ensuite dans une sauce. « Ayazit Lkbayel » (coq kabyle) accompagne souvent « Taâsbant »

Aftir : préparé avec de la semoule, huile, beurre Couscous (Sksu) : le plat berbère le plus connu

R'fiss : c'est un repas réservé généralement aux invités bien considérés. Ce repas est préparé à base de galettes écrasé et du beurre, le tout à mettre dans un four et laisser cuire

Aâssid : préparé avec de la semoule, du blé, du beurre et du lait

Thirkikine : « tighrifin » , préparée avec de la farine de blé mélangée avec de l'eau et cuite dans un « Afan » ou « Atajin ». on les mange en ajoutant l'huile d'olive ou le beurre

Harbit : il est préparé à base de semoule, sous forme de couscous, cuit dans une marmite mélangé à des herbes de « Semoumt's », puis beurré ou huilé avant de le consommer

Thimkhelaat : on fait cuire deux galettes et l'on met entre elles des corps gras, de l'ail, des oignons et même des dattes, on met tout écrasé entre les deux galettes jusqu'à la cuisson

Atemine : il existe plusieurs genres : -de la semoule de blé mélangée avec l'huile d'olive de la farine de blé préparée dans une poêle en la mélangeant avec du beurre fondu dans la région du sahel on l'appelle « Ouhbik »

Thimkerkecht : on fait écraser les fruits du caroubier après les avoir grillés on les mélange à de l'huile et on les mange avec la galette.

Berkoukess : il est comme le couscous mais plus gros ; il se prépare dans une sauce.

Adghes : c'est un plat préparé à base du premier lait de vache nouvellement vêtée. il est mélangé à des oeufs.

Berkoukes » et cuit dans une marmite ; on n'oubliera pas de signaler qu'on met cinq fèves dans la marmite et le premier des membres de la famille à trouver la premiére fève , c'est à lui que revient le privilège de consommer la première portion de beurre qui sera extraite du lait. De ce premier lait, qui est appelé localement « Adghes », c'est très important de le partager avec les voisins et la grande famille.

Grands évènements à travers l'année

12 janvier : yennayer yennayer , chaque année fêtée avec tout le mérite qui lui revient et convient en égorgeant des coqs et en préparant de très bons repas traditionnels. 1er Mars : Maghres chaque premier mars, les familles se préparent pour accueillir le printemps . Pour cela on prépare de petites galettes qu'on appelle en kabyle « Thiqrissine » ; elles sont bien décorées et l'on met souvent le jaune d'oeuf sur les deux parties de la galette. C'est surtout les enfants qui s'amusent tout le long de la journée avec ces galettes : ils les roulent dans les champs. 12 Mars : Adheker C'est la première journée du printemps berbère : c'est pourquoi et dans une opération spéciale pour rendre les champs et les arbres fertiles, on plante des tiges du laurier rose partout dans les champs de blé et d'orge. Aussi sur les arbres, surtout les figuiers ; on y met même dans la maison. L'opération est plus connue sous le nom « Adheker ». En d'autre termes, le « Dekkar » des champs est une sorte d'appel à l'abondance par des branches vertes comme la caprification des figuiers qui porte le même nom. Autres évènements marquants la vie de l'enfant le 40e jour : après la naissance du bébé, on le fait sortir pour la première fois le matin de bonheur il sera posé à l'endroit du passage du troupeau et il restera jusqu'a la sortie du dernier, la mère prépare souvent « ATEMINE » pour la circonstance. La première fois qu'on coupe les cheveux pour le nouveau-né, on fait le soir un bon repas de viandes, couscous, Taâsbant (boulettes de semoule). Ce jour est un grand évènement. Le premier jour de la scolarité des enfants : le soir on prépare les crêpes (thirkikine, thighrifine) pour la circonstance et on met même une crêpe sur la tête de l'enfant pour que la tête s'ouvre comme les trous de la crêpe.

Hafit Zaouche
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# Posté le vendredi 13 février 2009 06:28

AUTONOMIE DE LA KABYLIE VUE PAR LE "M A K"

AUTONOMIE DE LA KABYLIE VUE PAR LE "M A K"


1. Qu'est ce que le Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK) ?

Le MAK est un cadre de rassemblement ouvert à toutes les forces vives de la Kabylie qui souhaitent militer en faveur de l'autonomie de la région vis-à-vis de l'État central algérien. Il a vu le jour dans le chaud de l'action, le 5 juin 2001, durant la dernière révolte populaire kabyle plus communément appelée Printemps noir.

C'est un mouvement d'essence démocratique et pacifique qui fonde son action sur les principes universels de tolérance et de respect des droits de l'homme et des droits des peuples.

2. Le MAK est-il un parti politique ?

Non. Le MAK est une organisation qui transcende tous les clivages politiques. Son seul et unique objectif est celui de la concrétisation de l'autonomie de la Kabylie. N'ayant pas pour ambition la conquête du pouvoir, ni la participation à son exercice, le MAK ne présentera aucun candidat à quelque élection que ce soit. Il s'auto-dissoudra une fois l'objectif atteint.

3. Quels sont les rapports entre le MAK et les Archs kabyles ?

Le MAK est un allié naturel et objectif des Archs kabyles. Il affirme sa solidarité et son soutien indéfectibles avec leurs représentants, aujourd'hui, emprisonnés, parmi lesquels figurent des membres de ses propres rangs.

4. Qu'est ce que l'autonomie de la Kabylie ?

L'autonomie de la Kabylie est un statut politique particulier qui conférera à la région les attributs d'un État-région dans le cadre de la République algérienne. De la sorte, la Kabylie disposera d'un gouvernement et d'un parlement propres à même de gérer l'essentiel de son quotidien dans les limites de son territoire.

L'économie, la justice, l'éducation, la culture et les médias, et la sécurité quotidienne relèveront des compétences exclusives de l'État-région kabyle.

Dans tous ces domaines, ce dernier sera l'interlocuteur incontournable de l'État central qui ne pourra prendre aucune décision impliquant la Kabylie sans son aval.

Hormis notamment les questions de sécurité extérieure, des conventions et des traités internationaux qui relèvent des prérogatives régaliennes de l'État central, l'assemblée régionale kabyle pourra, en toutes matières, adapter les lois.

L'existence d'institutions assurant l'exercice de l'autonomie régionale n'est pas exclusive d'une représentation de la Kabylie dans les institutions nationales (assemblée, sénat...).

Cette représentation pourra se faire proportionnellement au poids démographique de la région dans la population nationale globale.

5. Pourquoi l'autonomie de la Kabylie ?

- L'impératif socio-historique. Les Kabyles forment un peuple à part entière et une communauté de destin unie par un territoire, une langue, une culture, une mémoire historique, des mythes, et des institutions propres. A ce titre, ils ont droit à une reconnaissance formelle au plan national.

- Vivre dans sa langue. Notre langue, le kabyle, n'a jamais été prise en charge par les pouvoirs publics en Algérie. Discriminée, elle ne doit sa survie qu'à la résistance culturelle des ses locuteurs : les Kabyles. Il est donc temps de la promouvoir à travers notamment l'école et les médias. La Kabylie doit avoir sa ou ses propre(s) radio-télévision(s). Quarante ans près l'indépendance, les Kabyles n'ont toujours pas ne serait-ce qu'une émission mensuelle de cinq minutes en kabyle à la télévision algérienne ! - Le droit à la vie. La Kabylie aspire à vivre en paix, à l'abri de la répression et des manoeuvres de destabilisation d'un État central qui n'a de cesse, depuis l'indépendance, de vouloir mater celle-ci à jamais. Durant l'interminable Printemps noir qui a secoué notre région pendant plus d'un an, 115 personnes ont trouvé la mort et 1200 autres ont été gravement handicapées parmi les 6000 blessés. Les forces de l'ordre (gendarmes, CNS) ont tiré avec des balles réelles explosives. Face à l'exigence de départ des brigades de gendarmerie formulée unanimement par les Kabyles, ils nous appartient dorénavant de nous doter de notre propre service de sécurité civile à travers une police relevant du ministère de l'Intérieur de la Kabylie autonome. La sécurité, c'est aussi l'aspiration à un système de santé performant à la hauteur des normes internationales.

- L'exigence de développement. La Kabylie doit amorcer son essor économique loin des entraves administratives et politiques d'Alger. En prenant en main son destin économique, notre région sera en mesure de réaliser des prouesses.

- La promotion du savoir. Il est temps que la Kabylie se dote d'un système éducatif propre (écoles, universités...), celui du progrès, de la science, de la modernité et de l'ouverture sur les autres, et non celui de l'arabisation et de l'islamisation, celui de l'intolérance et du repli sur soi.

6. Le projet de l'autonomie de la Kabylie est-il viable économiquement ?

L'idée que la Kabylie ne peut vivre en dehors des subventions providentielles de l'État central relève du mythe. Il va sans dire que, depuis l'indépendance, la région survit essentiellement par l'apport de sa diaspora interne et externe et par l'investissement privé local. Au contraire, l'État central est plus un frein à l'essor économique de la Kabylie qu'un facteur de son développement. Il n'a eu de cesse de détourner et saborder tous les projets d'investissements nationaux ou étrangers à destination de la région, alors que celle ci-contribue (prélèvements fiscaux) plus à son budget qu'elle ne perçoit de lui.

Sur le plan notamment de la rente des hydrocarbures, un État-région kabyle sera plus à même à négocier sa quote part avec l'État central. A ce jour, celui-ci reste le gestionnaire et le rentier exclusif des richesses nationales. A quel citoyen algérien profite la manne pétrolière ?

7. Quelles sont les limites territoriales de la Kabylie ?


La région autonome de Kabylie devra regrouper l'ensemble des communes berbérophones des actuelles wilayas de Bgayet, Tizi Ouzou, Tubiret, Bordj Bou Arreridj, Sétif, Boumerdès et Jijel - globalement le territoire de l'ancienne wilaya III de la guerre de libération, ajusté aux réalités sociolinguistiques d'aujourd'hui.

Dans les zones limitrophes bilingues, les populations locales devront pouvoir déterminer librement leur attachement ou non à la Kabylie par voie de référendums locaux.

Un redécoupage du territoire des actuelles communes pourra également être envisagé lorsque la répartition des langues à l'intérieur d'une commune est clairement géographique.

8. Quels moyens se donne le MAK pour atteindre son objectif ?


Le MAK est un mouvement résolument pacifique et sa démarche avant tout politique. De ce fait, il restera très vigilant face aux provocations et autres tentatives de destabilisation visant à plonger la région dans la lutte armée. Le MAK axera prioritairement son action sur le terrains suivants :

- désobéissance civile et rejet de toute élection en Kabylie jusqu'à l'organisation d'un référendum régional en faveur de l'autonomie de la Kabylie

- consultation de la population par pétition et par voie référendaire

- mise en place d'institutions citoyennes régionales pour pallier aux institutions nationales rejetées en Kabylie.

Elles préfigureront les organes de gouvernement de l'État autonome kabyle.

Par exemple, la commune pourra être gérée par le arch dans lequel chaque village ou quartier est représenté. Cette démarche pourra être étendue aux échelons supérieurs des actuelles assemblées wilayales voire nationales.
- auto-affirmation culturelle par l'instauration d'un enseignement du kabyle dans les écoles, collèges et universités de Kabylie.
- usage du kabyle dans l'espace public (panneaux de signalisation, frontons des édifices publics...).

9. La Kabylie autonome pourra-t-elle se doter d'un drapeau ?

Oui. Un drapeau régional kabyle pourra en effet occuper l'espace public kabyle à côté de l'emblème national algérien, comme cela est notamment le cas dans la plupart des régions de l'Union européenne.

Les emblèmes régionaux cohabitent harmonieusement avec les emblèmes nationaux et européen. Prôner l'autonomie de la Kabylie c'est : Construire l'avenir de la région sur la réappropriation de son destin, sa mémoire, sa culture, et sa souveraineté dans tout ce qui relève de son espace immédiat.

Construire l'autonomie de la Kabylie, c'est aussi bâtir une Algérie moderne, plurielle et démocratique où il fait bon vivre.

Par Ferhat Mehenni - Porte-parole du MAK
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# Posté le mercredi 11 février 2009 12:41

La belle ET REBELLE kABYLIE

La belle ET REBELLE kABYLIE
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# Posté le dimanche 08 février 2009 17:10